Mettre en œuvre la continuité pédagogique

Que ce soit à cause de la crise sanitaire et de ses contraintes, dont la continuité pédagogique, ou simplement afin de familiariser tous les élèves avec les nouvelles technologies, la transformation numérique des établissements éducatifs s’accélère. Dans ces conditions, les enseignants du premier et du second degré bénéficient de directives provenant du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports afin d’adapter leurs pratiques pédagogiques et d’avoir à disposition des outils adaptés permettant de gérer la continuité des enseignements.

Des outils technologiques spécifiques

Pour la réussite de la continuité pédagogique, une organisation adaptée est importante, mais il faut également des outils spécifiques. Afin de développer le numérique à l’école, voici un focus sur les équipements informatiques les plus utiles. Les écoles, collèges et lycées suivent les lignes directrices fournies par leur académie concernant les dispositifs à mettre en œuvre, principalement l’enseignement hybride ou en distanciel. 

Concernant les outils, une bonne solution afin d’organiser les enseignements à distance consiste à disposer d’une classe nomade. Il s’agit d’un meuble mobile (caisse, valise, casier, etc.) dans lequel sont installés plusieurs ordinateurs portables ou tablettes, un chargeur centralisé, une borne Wi-Fi et souvent une imprimante et un vidéoprojecteur. 

Il est alors facile d’alterner des apprentissages classiques avec des temps dédiés à des activités numériques. Cela permet notamment d’organiser simplement l’enseignement hybride.

Comment organiser au mieux le travail ?

Du côté des enseignants, la diffusion des savoirs dans le cadre de la continuité pédagogique doit se faire en alternant des temps de travail autonome avec des cours en visioconférence. 

Si possible, le ministère recommande d’éviter le premier créneau horaire (8h30 – 9h30) pour les enseignements numériques. En combinant judicieusement les différentes situations d’apprentissage, les élèves ne passeront pas un temps excessif devant les écrans. 

De plus, si plusieurs enfants doivent travailler en distanciel au sein d’une même famille, ils se partagent les outils numériques. Pour que les élèves et leurs parents aient une meilleure vision du déroulement des apprentissages, il est recommandé que les professeurs envoient une semaine à l’avance un plan de travail hebdomadaire détaillé. 

Comme toutes les familles n’ont pas les mêmes logiciels, le format préconisé pour ce plan de travail est un traitement de texte ou un pdf. Ce document doit contenir :

  • le détail de la répartition des apprentissages ;
  • les références des manuels à utiliser ;
  • les liens vers les documents à télécharger ;
  • les adresses URL des ressources en ligne.

Afin de partager des fichiers avec les élèves, les professeurs peuvent se servir du Nextcloud, un service Cloud spécifique.

Les bonnes pratiques pour garder le lien avec les élèves

De multiples outils sont disponibles afin de garder le contact avec les élèves en dépit de la distance. L’ENT (Espace Numérique de Travail) doit être exploité au maximum de ses possibilités, par exemple :

  • la transmission d’informations pour les élèves ;
  • le partage de documents dans un espace dédié ;
  • l’échange et la discussion via un forum, etc.

Les professeurs vont suivre les directives et les usages numériques de leur établissement. Ainsi, tout comme les élèves, ils ne multiplient pas les comptes et les mots de passe à conserver. Afin de faciliter le travail, le cahier de textes numérique est l’outil idéal : il doit être préféré à la traditionnelle messagerie électronique. 

Le ministère met aussi à la disposition des professeurs des outils spécifiques : « Ma Classe à la maison » du CNED (Centre National d’Enseignement à Distance), les kits pour les formations élaborés par le Réseau Canopé, etc.

Pour s’assurer de la bonne utilisation de l’ensemble de ces outils, les enseignants ont aussi en charge de vérifier auprès des élèves qu’ils ont tous réellement créé leurs comptes sur les différentes plateformes. Ainsi, au début des apprentissages en distanciel, il n’y aura pas de retard ou de décalage à cause de problèmes de connexion.

Une autre bonne pratique consiste à réduire les espaces de stockage. Pour cela, les professeurs sont invités à régulièrement supprimer les documents qui ne sont plus nécessaires. Il leur est aussi demandé, lors de la préparation du plan de travail, d’inclure des liens vers le Cloud ou des adresses URL plutôt que de joindre des fichiers volumineux et des vidéos.

Des apprentissages hybrides ou en distanciel ?

Afin d’assurer la continuité pédagogique l’enseignement hybride ou en distanciel est la solution proposée par le ministère et expliquée en détail sur son portail dédié à l’accompagnement des professionnels de l’éducation, Eduscol. 

L’enseignement hybride combine des apprentissages physiques et d’autres à distance. Particulièrement adapté aux établissements du second degré, il permet d’associer des formations asynchrones et en temps réel. Pour les enseignements asynchrones, les professeurs peuvent s’appuyer notamment sur le dispositif de classe virtuelle du CNED, « Ma classe à la maison », ainsi que sur des supports numériques qu’ils choisissent eux-mêmes. 

Ces apprentissages asynchrones donnent une grande autonomie aux élèves, notamment en ce qui concerne leur organisation de travail. Concernant les enseignements synchrones, ils présentent l’avantage de rassembler les élèves présents et distants au même moment. Ils offrent une bonne interactivité entre les apprenants à distance et leurs professeurs notamment grâce au tchat. 

L’enseignement en distanciel s’applique lorsque les établissements doivent être totalement fermés. Il implique une organisation spécifique de la part des professeurs comprenant notamment l’élaboration et l’envoi (environ une semaine à l’avance) d’un plan de travail. Dans celui-ci, il est spécifié quels sont les moments de travail en autonomie et ceux nécessitant d’utiliser un équipement informatique.