La digitalisation des pratiques chez les professionnels de santé - Votre IT Facile

La santé est un des derniers domaines à franchir le pas de la digitalisation mais la digitalisation des pratiques chez les professionnels de santé est en marche. Jusqu’en 2005, les études montraient que les médecins généralistes exploitaient majoritairement les documents papiers, les rapports des congrès et des séminaires et l’avis de confrères sur leurs recherches pour s’informer et se documenter. Internet ne fut pas immédiatement utilisé comme un outil de prédilection de recherche. Au début, son utilisation restait timide, pourtant les médecins se sont, progressivement appropriés internet, jusqu’à en devenir une « référence » pour leur travail. En 2008, une enquête démontrait qu’un tiers des sources d’information sollicitées passaient par internet (37,5 %) contre le format papier (31,8 %). Aujourd’hui, les médecins généralistes citent internet comme la source d’information dominante qu’ils exploitent régulièrement.

 

La digitalisation médicale : les raisons de l’utilisation de sites internet par les professionnels de santé

 

L’avènement d’internet

Aujourd’hui, 61 % des médecins généralistes se connectent à internet sur leur ordinateur au cabinet ou sur leur smartphone, et déclarent l’utiliser au moins une fois par semaine dans le cadre de leur activité professionnelle. Ils exploitent généralement internet comme une vaste encyclopédie, en privilégiant la recherche d’une aide au traitement (37 %) et d’une aide au diagnostic (21 %).

Le format papier semble être désuet face à l’éruption d’internet, qui s’impose comme l’outil d’exploitation principal. Son utilisation est très appréciée, car les médecins peuvent avoir un accès très rapide aux informations recherchées et ainsi parfaire leurs connaissances dans un laps de temps non-négligeable.

En effet, le médecin doit prendre ses décisions en accord avec les meilleures données actuelles de la science pour s’assurer du haut niveau de qualité des soins. Cela suppose qu’il doit avoir en permanence et rapidement des connaissances actualisées pour réussir cette performance.

 

La facilité d’accès à l’information

Les médecins généralistes utilisent tous Google pour leurs recherches grâce aux mots-clés. Et ils le privilégient habituellement dans la pratique courante. Ensuite, ils recherchent précisément les informations sur des sites grand public comme Wikipédia (30 %), les forums de santé (33 %) et d’autres grands sites publics (37 %).

En ce qui concerne les sites de revues médicales, EMconsulte représente 57 % des consultations documentaires contre 43 % pour les autres revues. Ils étendent aussi leurs recherches sur des sites spécialisés comme Vidal (25,7 %), Assurance maladie (7 %), les institutionnels tels que HAS, Institut Pasteur, INPES qui constituent 4,8 %.

Leur champ de recherche est à la fois assez large et bien ciblé leur permettant de trouver les informations nécessaires à leur pratique.

Toutefois, l’étendue des informations disponibles sur internet pose des problématiques sur lesquels les médecins ne trouvent pas vraiment de solutions adéquates.

 

Les risques de mauvaise information

Différents types de publications biomédicales sont disponibles sur une grande variété de sites internet, et exigent un travail de lecture et de sélection qui demande du temps aux médecins. Ils peuvent donc trouver des articles scientifiques originaux, des informations destinées aux professionnels de la santé regroupant des articles de formation médicale continue, des recommandations pour la pratique clinique…

Entre autres, ils se retrouvent également face à des articles de vulgarisation destinés au grand public, et à littérature grise qui rassemble tous les documents échappant aux dispositifs de contrôle bibliographique comme les rapports de recherche, les actes de congrès…

Parmi tous ces informations, les médecins doivent savoir ce qu’ils recherchent, sélectionner les informations pertinentes et évaluer le contenu intellectuel des données. Ce qui sous-entend d’avoir la capacité à trier tout en restant focalisé sur le sujet de départ, car les sources de l’information en santé sur le web sont abondantes et leur qualité est très hétérogène.

Quelques critères de qualité ont été mis en place pour aider les médecins à ne cibler que les documents officiels comme de regarder si l’information est sourcée, récente, fait mention du nom de l’auteur ou d’un comité éditorial médical ou scientifique…

De même, la HAS (Haute Autorité de Santé) a publié une revue de la littérature des outils d’évaluation de la qualité de l’information de santé disponible sur internet. Elle distingue notamment les labels, les certifications et les outils donnant lieu à une cotation.

Malgré les outils mis en place, les médecins sont confrontés en permanence à des obstacles récurrents et chronophages qui est le manque de temps et le temps passé à trier les informations. Ce qui met en évidence que la recherche documentaire sur le web nécessite de faire connaître les sites fiables aux professionnels de la santé et à les former à la recherche à proprement-dite.

En effet, en connaissant les sources disponibles et fiables, et en sachant les utiliser correctement, les médecins peuvent effectuer une recherche documentaire efficace. Et in fine, ils pourront améliorer la qualité des soins.

 

Évolution de la relation professionnelle de santé et patients

 

La digitalisation médicale s’est opérée d’une manière rapide ces dernières années, et a démontré qu’elle permettait de gagner en efficacité, en précision sur les diagnostics et de repenser les processus de consultation. Elle reste tout de même un vaste chantier à améliorer, qui doit gagner en cohérence entre les différents services de santé.

Mais, les progrès qu’elle a réalisé ont mis en évidence les opportunités qui sont offertes aux professionnels de santé. Grâce au digital, le rapport médecin et patient se voit optimisé à travers la mise en place de systèmes d’information.

Le suivi du patient avec la création du dossier médical partagé est amélioré grâce aux échanges et archivages électroniques des examens médicaux, et des synthèses médicales.

Le digital permet de mobiliser l’ensemble des connaissances médicales avec un accès aux bases de données, au partage d’informations des confrères dans le cadre de la coordination des soins, et d’assurer une formation continue. Le champ d’application de la digitalisation est large, et a permis des progrès de suivi et de coordination des équipes médicales d’une façon optimisée et rapide.

La télécollaboration, télésuivi ou télédiagnostic sont des moyens de travail innovants permettant un échange des intervenants sur la prise en charge médicale du patient et de se concerter à distance.

Ainsi, l’organisation des soins, dans son ensemble se retrouve très impactée par la digitalisation, et offre par conséquent une efficience dans le travail des professionnels de la santé. En effet, l’impact digital permet d’assurer des soins dans des zones sous-médicalisées par la visio-consultation et le télé-diagnostic.

Des chiffres montrent aussi que la relation médecin et patients tend à évoluer vers une digitalisation évidente puisqu’un français sur deux souhaite échanger par mail avec son médecin. Six français sur dix souhaitent prendre rendez-vous via le web grâce à des plate-formes spécialisées comme Doctolib, Docavenue, qui synchronisent instantanément l’agenda du médecin avec les rendez-vous réservés par les patients.

Cette digitalisation des informations médicales à travers de sites grand public et les forums d’échange amène les patients à s’informer des pathologies et de pouvoir échanger avec leur médecin pour une meilleure compréhension de leur état de santé.

La majorité des Français juge utile les applications pour accéder à des informations sur les pathologies et les médicaments. 78 % d’entre eux vont chercher des informations supplémentaires sur internet. Notons aussi que 57 % d’entre eux estiment pertinent d’avoir des outils sur leur smartphone pour gérer leur santé ou suivre les traitements.

C’est pourquoi des solutions digitales ont été développées au service des patients comme des applications mobiles pour rappeler les heures de prise des médicaments ou pour aider à la titration du patient. Ses utilisations sont largement conseillées par les médecins, car ils estiment que la santé connectée conduit les patients à s’impliquer davantage dans leur maladie ou d’adopter de meilleures habitudes.

 

Développement et utilisation des objets connectés pour la santé

 

Les médecins jugent utiles d’être eux-mêmes connectés via des applications et des objets tel que les tensiomètres. Ils préconisent particulièrement l’utilisation des objets connectés pour les maladies chroniques comme les diabétiques qui se voient prescrire des glucomètres connectés.

A ce niveau, un des projets développés par Google X Lab concerne des lentilles de contacts pour ces types patients mesurant en temps réel le taux de glycémie. L’engouement pour les objets connectés pour la santé représente un véritable nouvel écosystème. Ils apportent un nouveau mode de gestion plus optimal des maladies et des traitements médicamenteux.

Les objets connectés peuvent permettre d’une part, un meilleur usage des médicaments, et d’organiser le parcours de soin de façon efficace dans le but d’avoir une prise en charge plus rapide et plus ciblée, grâce à une articulation autour du sanitaire, l’ambulatoire et le médico-social.

D’autre part, ils peuvent constituer une alternative intelligente rendant possible l’optimisation potentielle des dépenses de santé en privilégiant la prévention. Des dispositifs de diagnostic mobiles se développent pour la santé au quotidien aussi.

Les objets connectés pour la santé peuvent donc être utilisés par tous, dans le cadre d’une prévention médicale. Le dispositif Scanadu Scout est un scanner mesurant plusieurs indicateurs : température, fréquence respiratoire, la pression artérielle…et le dispositif Scanaflo est un kit de test urinaire pour surveiller l’état de santé au domicile.

D’autres objets connectés se réaliseront au travers d’application comme le carnet de santé connecté ou la création de plate-formes de données de santé contrôlées par des Big Tech : Apple Health kit, Samsung Digital Health Initiative, Google Fit …

 

Conclusion : la digitalisation des professionnels de santé est bien en marche

En conclusion, la digitalisation médicale est un processus qui nécessite encore des améliorations pour rendre des données documentaires de qualité et fiables. Les médecins ont donc besoin d’outils pour les diriger dans leur recherche et leur formation. D’autant plus que l’environnement de travail des professionnels de santé vit aujourd’hui un véritablement changement 2.0 au travers: des recherches d’informations web quantitatives qui ont besoin d’être structurées, des parcours de patients de plus en plus impactés par les applications médicales et de plus en plus informés sur les pathologies. Cet environnement se voit optimiser par une nouvelle façon de travailler innovante et à distance avec plusieurs intervenants de la santé, et enfin l’arrivée des objets connectés sont perçus comme un moyen de mieux informer et réduire, dans une certaine mesure les hospitalisations.

Cette transformation digitale touche toutes les professions médicales et les professions paramédicales. Les nouvelles technologies affectent aussi bien les grands hôpitaux que les chirurgiens dentistes, les kinésithérapeutes, opticiens, les sages femmes etc.

 

Sources:

Etude Withings/MACSF : Les médecins 3 fois plus adeptes de la santé connectée que les français

Etude Les Echos – Santé connectée E-santé, télémédecine et numérique en santé

 

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